Mélissa...

Mélissa...
Prénom: Mélissa
Age: 14 ans
Situation:
Célib
Anniversaire: 15 septembre
college: Fragonard 3°A
Ville: Vaïssac

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... est folle et conne!!!!


















Clic



# Posté le lundi 06 avril 2009 09:19

Modifié le samedi 07 novembre 2009 15:56

Meilleure

 Meilleure

Je me rends compte que l'on s'éloigne, que tu n'es plus la même, que plus rien ne sera plus jamais comme avant. Que les kilometres sont la cause de notre éloignement. Si je pouvais je remonterais le temps, je ferai en sorte que l'on ne s'éloigne pas mais malheuresement face au destin je ne suis rien.




# Posté le jeudi 29 janvier 2009 07:55

Modifié le samedi 07 novembre 2009 15:56

Confidente

Confidente
La vie est pleine de regrets, de hauts et de bas mais je ne regrette pas de t'avoir rencontrer et dans toutes les situations tu pourra toujours conter sur moi









# Posté le jeudi 29 janvier 2009 08:07

Modifié le samedi 07 novembre 2009 15:57

Ma Choukette'

Ma Choukette'
Une simple rencontre peut changer une vie, j'en n'ai eu la preuve. Notre rencontre je ne la regrette pas, tu pourras toujours conter sur moi...



Je t'aime ma choukettee'


# Posté le jeudi 29 janvier 2009 08:13

Modifié le samedi 07 novembre 2009 15:57

Mélissa a envie d'écrire un article très long...

Mélissa a envie d'écrire un article très long...
[... Je revois encore son visage crispée, ses mains refermées sur la carafe d'eau comme s'il avait voulu la briser sous nos yeux.
J'imaginais toutes ces paroles qu'il ne prononçerait jamais et j'essayais de comprendre. Que saisissait-il exactement? À quoi pensait-il quand il était seul? Et comment était-il dans l'intimité? ...]





[... Les autres avaient haussé les épaules et s'étaient détournés. Mais pas lui.
Lui avait relâché la carafe et son visage s'était ouvert pour me sourire. C'était la première fois que je le voyais de cette manière. La dernière aussi peut-être. Il me semble qu'une certaine complicité est née ce soir-là... Quelque chose de très ténu. J'avais essayé de le défendre comme je pouvais, mon drôle de Martien aus cheveux gris qui s'avance maintenant vers la porte de la cuisine en poussant devant lui une brouette pleine de bois. ...]






[... Je me disais : " Allez, il faut pleurer une bonne fois pour toutes. Tarir les larmes, presser l'éponge, essorer ce grand corps triste et puis tourner la page. penser à autre chose. Mettre un pied devant l'autre et tout recommencer."
On me l'a dit cent fois. Mais pense à autre chose. La vie continue. Tu n'as pas le droit de te laisser aller. Secoue toi.
Oui, je sais, je le sais bien, mais comprenez-moi: je n'y arrive pas.
D'abord qu'est-ce que ça veut dire, vivre? Qu'est-ce que ça veut dire?
Je veux bien me lever le matin, m'habiller, me nourrir, tenir jusqu'au soir et me coucher. Je peux le faire. Tout le monde peut le faire. Mais pas plus.
De grâce.
Pas plus. ...]





[... Chaque pensée me tirait un peu plus vers le fond. J'étais si fatiguée. J'ai fermé les yeux. Je rêvais qu'il arrivait. On entendait le bruit d'un moteur dans la cour, il s'asseyait près de moi, il m'embrassait et posait un doigt sur ma bouche pour faire une surprise aux filles. Je peux encore sentir sa douceur dans mon cou, sa voix, sa chaleur, l'odeur de sa peau, tout est là.
Tout est là...
Il suffit d'y penser. ...]




[... Au bout de combien de temps oublie-t-on l'odeur de celui qui vous a aimée? Et quand cesse-t-on d'aimer à son tour?
Qu'on me tende un sablier. ...]





[... Pourquoi ne m'avait-il pas prévenue de son départ?
Quel homme étrange ... Comme un poisson...Qui s'esquive toujours et vous glisse entre les mains...]






[... J'écoutais les bruits de la maison. Mon nez me piquait et je me frotais les yeux pour ne pas pleurer.
Ma vie est comme ce lit, pensais-je encore. Fragile. Incertaine. Suspendue.
je guettais le moment où la maison allait s'envoler. ...]





[... Parce que le piège, justement, c'est de croire qu'on est amarré. On prend des décisions, des crédits, des engagements et puis des risques aussi. On achète des maisons, on met des bébés dans des chambres toutes roses et on dort toutes les nuits enlacés. On s'émerveille de cette... Comment disait-on déja? De cette complicité. Oui c'était ça qu'on disait, quand on était heureux. Ou quand on l'était moins...]




[... Le piège, c'est de penser qu'on a le droit d'être heureux.
Nigaux que nous sommes. Assez naïfs pour croire une seconde que nous maîtrisons le cours de nos vies.
Le cours de nos vies nous échappe, mais ce n'est pas grave. Il n'a pas grand intérêt...
L'idéal, ce serait de le savoir plus tôt.
" Plus tôt " quand ?
Plus tôt. ...]





[... Je me suis assise et j'ai pris la tête entre mes mains.
Je rêvais de pouvoir la dévisser, de la poser par terre devant moi et de shooter dedans pour l'envoyer valdinguer le plus loin possible.
Tellement loin qu'on ne la retrouverait plus jamais.
Mais je sais même pas shooter.
Je taperais à côté, c'est sûr. ...]




[... - Comment s'appelait-il? demandais-je.
- Il n'avait pas de nom, mais on disait toujours " Ou qu'il est?" parce qu'il partait tout le temps... C'est de ça qu'il est d'ailleurs... Oh... Qu'est-ce qu'on l'aimait cui-là.. Qu'est-ce qu'on l'aimait.. De trop, de trop...]






[... Vous m'énervez. Vous dites n'importe quoi. Vous ne pensez qu'à vous. Vous êtes fatiguant à la fin. " Je ne veux pas que tu partes." Mais pourquoi vous me dites un truc aussi stupide? Je vous rappelle que ce n'est pas moi qui m'en vais... Vous avez un fils, vous vous en souvenez? Un grand garçon. Eh bien, c'est lui qui est parti. C'est lui! Vous n'êtes pas au courant? Oh c'est trop bête. Attendez, je vais vous la racontez, c'est une histoire amusante. Donc c'était... C'était quand déja? Peu importe. Adrien, le merveilleux Adrien a fait ses valises l'autre jour. Mettez-vous à ma place, j'étais étonnée. Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit, mais il se trouve que je suis la femme de ce garçon. Vous savez, la femme, ce truc pratiqe que l'on ammène partout et qui sourit quand on l'embrasse. Donc j'étais surprise, vous imaginez....le voilà avec nos valises devant l'ascenseur de notre appartement qui se met à geindre en regardant sa montre. Il geint parce qu'il est très énervé, le pauvre biquet! L'ascenseur, les valises, bobonne et l'avion, quel casse-tête! Eh oui! Parce qu'il ne faut pas le rater l'avion, il y avait la maîtresse dedans! Vous savez, la maîtresse, cette jeune femme impatiente qui vous agace un peu les nerfs. Pas le temps pour une scène de ménage, vous pensez.... Eh puis c'est d'un commun les scènes de ménage... Chez les Dippels, on ne vous a pas appris ça, hein? Les cris, les scènes, les mouvements d'humeur, c'est vulgaire, n'est-ce pas? Oh oui, c'est vulgaire. Chez les Duppels, c'est never explain, never complain, tout de suite, c'est autre chose. C'est la classe.




[... Je l'ai laissé partir sans lui arracher les yeux, j'ai refermé la porte tout doucement et maintenant je suis là, je suis devant vous, devant mes gamines. J'assure. J'assure, vous comprenez? Vous comprenez ce mot-là? Qui a entendu mes youyous de désespoir, qui? Alors ne faites pas pitié maintenant avec vos petites contrariétés. Vous ne voulez pas que je parte... Oh Pierre... Je vais être obligée de vous désobéir... Oh comme je la regrette... Comme je...]




[...Laisse moi parler. Il faut que je démêle tout ça maintenant. C'est très important. Je ne sais pas si tu peux me comprendre mais il faut que tu m'écoutes. Je dois tirer sur un des fils, mais lequel? Je ne sais pas. Je ne sais pas par quoi ni par où commencer. Mon Dieu, c'est si compliqué... Si je tire sur le mauvais, ou si je tire trop fort, le noeud risque de se resserer encore. De se resserer si fort ou si mal qu'il n'y aura plus rien a faire et je te quitterais accablé. Car ma vois tu, ma vie, toute ma vie est comme ce poing serré. Je suis là, devant toi, dans cette cuisine. Je ne ressemble à rien. Je suis ce vieux con que tu secouer tout à l'heure. Je n'ai rien compris, je ne suis jamais monté au sixième étage. J'ai eu peur de mon ombre et me voilà maintenat, me voilà devant l'idée de ma mort et...Non, je t'en pris, ne m'interromps pas... Pas maintenant. Laisse moi ouvrir ce poing. un tout petit peu. ....]






[... Par contre, je suis égoïste, là tu as raison. Je te dis que je ne veux pas que tu partes, parce que je ne veux pas que tu partes. Je pense à moi. Tu m'es plus proche que ma propre fille. Ma propre fille ne me dira jamais que je suis un vieux con, elle se contente de penser que je suis un vieux con tout court! ...]





[... Ce sont mes souvenirs aussi... Il faut juste que je m'y fasses un peu. Je ne sais si vous vous rendez bien compte, mais la situation est très nouvelle pour moi... Il y a quinze jours, j'étais encore une mère de famille tout confort. Je feuilletais mon agenda dans le métro pour organiser des dîners et je me limais les ongles en pensant aux vacances. Je me disais: " Est-ce qu'on emmène les filles ou est-ce qu'on part tous les deux?" Enfin, vous voyez le genre de dilemme...
Je me disais aussi: " On devrait chercher un autre appartement, celui-là est bien, mais il est trop sombre..." J'attendais qu'Adrien aille mieux pour lui en parler parce que je voyais bien qu'il n'était pas dans son assiette ces derniers temps... Irritable, susceptible, fatigué... Je me faisait du souci pour lui, je me disais: "Mais ils vont me le tuer dans cette boîte de fous, c'est quoi ces horraires débiles?" ...]






[... Je l'attendais pour dîner. J'attendais des heures. Souvent même, je m'endormais en l'attendant... Il finissait par rentrer la mine défaite. Je me dirigeais vers la cuisine en m'étirant. Je m'activais. Il n'avait pas faim bien sûr, il avait cette décence de n'avoir plus d'appétit. Ou peut-être qu'ils grignotaient avant? Peut-être...
" Que ça devait lui coûter de s'asseoir en face de moi! Comme je devais être lourde avec ma gaieté ordinaire et mes romans-feuilletons sur la vie du square Firmin-Gédon. Quel supplice pour lui quand j'y pense... Lucie a perdu une dent, ma mère ne va pas bien, la jeune fille au pair polonaise du petit Arthur sort avec le fils de la voisine, j'ai terminé mon marbre ce matin, Marion s'est coupé les cheveux c'est affreux, la maîtresse veut des boîtes d'oeufs, tu as lair fatigué, prends une journée de congé, donne moi la main, tu reprendras des épinards? Le pauvre... quel supplice pour un homme infidèle mais scrupuleux. Quel supplice... Mais je ne voyais rien. Je n'ai rien vu venir, vous comprenez ? Comment peut-on être si aveugle ? Comment ? Soit j'étais totalement abrutie, soit j'avais totalement confiance. Ce qui revient au même manifestement ...]





[... Parce que vous êtes un bulldozer, vous détruisez tout sur votre passage. Mon chagrin vous... Vous quoi déja? Vous encombre et vous agacera bientôt, je le sais bien. Et puis cette histoire de lien de sang... Cette notion débile... Vous avez été infoutu de serrer vos gamins dans vos bras, de leur dire une seul fois que vous les aimiez, mais à côté de ça, je sais que vous prendrez toujours leur défense. Quoi qu'ils disent, quoi qu'ils fassent, ils auront toujours raison face aux barbares que nous sommes. Nous qui ne portons pas le même nom que vous.
" Vos enfants ne vous ont pas donnés tellement de motifs de satisfaction on dirait, mais vous êtes le seul à pouvoir les critiquer. Le seul! Adrien s'est barré en me plantant là avec les filles. Bon, ça aussi, ça vous contrarie, mais je n'espère plus vous entendre proférer quelques mots durs. Quelques mots durs... ça ne changerait rien, mais ça me ferait tellement plaisir. Tellement plaisir, si vous saviez.... Oui c'est minable... Je suis minable. Mais, quelques mots bien sentis, bien sentis, bien cinglants, comme vous savez si bien les dire... Pourquoi pas pour lui? Je les mérite aprés tout. J'attends la condamnation du patriarche assis au bout de la table. Depuis toutes ces années que je vous écoute départager le monde. Les bons et les méchants, ceux qui méritent votre estime et ceux qui ne la méritent pas. Depuis toutes ces années que je me cogne vos discours, votre autorité, vos mous de Commandeur, vos silences... Tout ce chiqué. Tout ce chiqué... Depuis le temps que vous me gonflez....
" Vous savez, je suis une âme simple et j'ai besoin de vous entendre dire: mon fils est un salaud et je te demande pardon. J'en ai besoin, vous comprenez?
- Ne compte pas sur moi.
- Je ne comptais pas sur vous. ...]




[... - Le chagrin de ceux par qui le malheur arrive... Ceux qui restent, on les plaint, on les console, mais ce qui partent?
- Mais qu'est-ce qu'ils veulent en plus, m'emportais-je, une couronne? Un mot d'encouragement ?!
Il ne m'entendait pas.
- Le courage de ceux qui se regardent dans la glace le matin et articulent distinctement ces quelques mots pour eux seuls: " Ai-je le droit à l'erreur?" Juste ces quelques mots... Le courage de regarder sa vie en face, de n'y voir rien d'ajusté, rien d'harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager par... par égoïsme? Par pur égoïsme? Mais non, pourtant.... Alors qu'est-ce? Instinct de survie? Lucidité? Peur de la mort?
" Le courage de s'affronter. Au moins une fois dans sa vie. De s'affronter, soi. Soi-même. Soi seul. Enfin.
" Le droit à l'erreur", toute petite expression, tout petit bout de phrase, mais qui te le donnera?
Qui, à par toi? ...]



[... Qu'attend-on de la vie?
Moi, rien. Je n'attendais rien. Je travaillais. Encore et encore et toujours. C'était ma tenue de camouflage, mon armure, mon alibi. Mon alibi pour ne pas vivre. Parce que je n'aimais pas tellement ça, vivre. Je croyais que je n'étais pas doué pour ça.
" Je m'inventais des difficultés, des montagnes à gravie. Très hautes. Très escarpées. Et puis je remontais mes manches. Je les gravissais et j'en inventais d'autres. Je n'étais pas ambitieux pourtant, j'étais sans imagination. ...]




[... Je pense que tu vaux mieux que ça... Mieux que la gaiété un peu forcée... Mieux que te limer les ongles dans le métro en tripotant ton agenda, mieux que le square Firmin-Gédon, mieux que ce que vous étiez devenus tous les deux. C'est choquant, ce que je te dis là, n'est-ce pas? Et puis de quoi je me mêle, hein? Oui, c'est choquant, mais tant pis. Je ne peux pas faire semblant, je t'aime trop bien. Je pense qu'Adrien n'était pas à la hauteur. Il avait chaussé un peu grand avec toi. Voilà ce que je pense...
" C'est choquant parce que c'est mon fils et que je ne devrais pas parler de lui comme ça... Oui, je sais. Mais voilà, je suis un vieux con et je me fous des bienséances. Je te le dis parce que j'ai confiance en toi. Tu... Tu n'étais pas si bien aimée. Et si tu étais auusi honnête que moi à cette minute précise de ta vie, tu prendrais un air offusqué bien sûr, mais tu n'en penserais pas moins...]




[... Après, j'ai rangé mes feuilles et rebouché mon stylo. Je me suis levé, j'ai sérré la main de mes bourreaux et j'ai quitté la pièce. Et dans l'ascenseur, quand les portes se sont fermées, j'ai eu vraiment l'impression de tomber dans un trou. J'étais épuisé, vidé, à bout de forces et au bord des larmes. Les nerfs, je pense... je me sentais si misérable, si seul... Si seul surtout. ...]




[... Je souffrais. Je souffrais comme s'il me manquais quelque chose, comme si l'on m'avait amputé d'un bras ou d'une jambe. C'est incroyable comme sensation. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. ...]



[... Je suis d'accord avec toi, c'était absurde. Mais je venais d'être si heureux. Si heureux... J'étais intrigué et un peu épouvanté aussi. Etait-ce normal d'être si heureux? Etait-ce juste? Quel prix allais payer pour tout ça?
Parce que... Est-ce que c'est dû au poids de mon éducation ou à l'instruction des bons pères? Etait-ce dans mon caractère? Je ne saurais pas bien faire la part des choses mais ce qui est sûr, c'est que je me suis toujours comparé à un animal de labour. le mors, la bride, les oreillères, les brancards, le soc, le joug, la charrette, le sillon... Tout ce folklore...Depuis que je suis gamin, je marche dans la rue en baissant la tête et en regardant fixement le sol comme si c'était une croûte à fendre, une écorse trop sèche.
" Le mariage, la famille, le travail, les méandres de la vie sociale, tout. J'ai tout traversé tête baissée et mâchoires serrées. Tout appréhendé avec défiance. ...]





[... Son mari venait de la quitter... je ne la reconnaissais plus. Elle, si pétulante, si impérieuse, cette petite femme maîtresse d'elle-même comme de l'univers, je la voyais dépérir de jour en jour. Pleurer, maigrir, se cogner dans tout et souffrir. Souffrir tellement. Prendre des médicaments, maigrir encore, m'apporter le premier arrêt de travail de sa vie. Pleurer. Pleurer devant moi, même. Et là, quel homme admirable j'étais quand j'y repense, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allé hurler les loups. Quel salaud, approuvais-je, quel salaud. Comment peut-on faire ça à sa femme? Comment peut-on être aussi égoïste? Fermer la porte et se frotter les mains. Sortir de sa vie comme on sort faire un tour. Mais, mais, mais, c'est trop facile! Trop facile!
Non mais vraiment, quel salaud. Quel salaud ce type! Moi, monsieur, je ne suis pas comme vous! je ne quitte pas ma femme, moi, monsieur. Je ne quitte pas ma femme et je vous méprise... Oui, je vous méprise du plus profond de mon âme, cher monsieur!
Voilà ce que je pensais. Trop heureux de m'en sortir à si bon compte. Trop heureux de me conforter et de me lustrer le poil. Oh oui, je l'ai soutenue ma Françoise, je l'ai chouchoutée. Oh oui, j'ai acquiescé souvent, oh non, lui répétais-je encore, vous n'avez pas eu de chance. Pas eu de chance...
En fait, je devais le bénir en secret, ce monsieur Jarmet que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam. Je devais le bénir en secret. Il m'apportait la solution sur un plateau d'argent. Grâce à lui, grâce à son infamie, je pouvais retourner à mon petit confort la tête haute. Travail, Famille, Patrie, j'étais là. Tête haute et droit dans mes bottes! J'en tirais quelque vanité, tu t'en doutes bien, tu me connais... J'en étais arrivé à cette agréable conclusion que... Je n'étais pas comme les autres. J'étais un peu au-dessus. Juste à peine, mais au-dessus. Je ne quittais pas ma femme, moi...]




[... Non, ce n'est pas incroyable. C'est la vie. C'est la vie de presque tout le monde. On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s'accomodent. C'est tellement moins fatiguant de s'accomoder...]




[...Très très banal... je parle aujourd'hui parce que c'est toi, parce que c'est ici, dans cette pièce, dans cette maison, parce qu'il fait nuit et parce que Adrien te fais souffir. Parce que c'est mon choix me désespère et me rassure aussi. Parce que je n'aime pas te voir malheureuse, j'ai trop fais souffrir moi-même... Et parce que je préfère te voir souffrir beaucoup aujourd'hui plutôt qu'un peu toute ta vie.
J'en vois des gens souffrir un peu, rien qu'un peu, rien qu'à peine mais juste ce qu'il faut pour tout rater, tu sais... Oui, à mon âge, je vois ça beaucoup... Des gens qui sont encore ensemble parce qu'ils se sont arc-boutés là-dessus, sur cette petite chose ingrate, leur petite vie sans éclat. Tous ces arrangements, toutes ces contradictions... Et tout ça pour en finir là...
Bravo, bravo, bravo! On a tout enterré, nos amis, nos rêves, nos amours, et maintenant, ça va être notre tour! Bravo, les amis!
Il applaudissait.
-Retraités... Retraités de tout. Je les hais, Je les hais, tu m'entends? Je les hais parce qu'ils me renvoient ma propre image. Ils sont là, vautrés dans leur bonne satisfaction. Le navire a tenu bon, le navire a tenu bon! semblent-ils nous dire sans jamais s'épauler. Mais à quel prix bon Dieu? À quel prix ?! Il y a les regrets, des remords, des fêlures et des compromissions qui ne cicatrisent pas, qui ne cicatriseront jamais. Jamais, tu m'entends! ...]




[... Je suis reparti décomposé. Je me tenais aux murs. j'ai mis un temps fou avant de me souvenir où j'avais garé ma voiture et je me suis perdu sur ce foutu parking. Mais qu'est-ce qui m'arrivait? Qu'est-ce qui m'arrivait, bon Dieu? Etait-ce de la voir comme ça? Etait-ce cette odeur de charnier javellisé ou était-ce l'endroit tout simplement? Toute cette chappe de malheur. De souffrance. Et ma petite Françoise aux bras ravagés, mon ange perdu au milieu de tous ces zombies. Perdue dans son lit minuscule. Qu'est-ce qu'ils avaient fait à ma princesse? Pourquoi ils l'avaient malmenée comme ça?
Oui, j'ai mis un temps fou à retrouver ma voiture et j'ai mis un temps fou à la demarrer, et ensuite, il m'a fallu encore plusieurs minutes avant d'enclencher la première, et tu sais pourquoi? Tu sais pourquoi je chancelais ainsi? Ce n'était pas à cause d'elle, ni de ses cathéters ou de sa souffrance, bien-sûr que non. C'était...
Il avait relevé la tête.
- C'était le désespoir. Oui, c'était le boomerang qui me revenait dans la figure...]



[... Quand l'un de nous jouait, l'autre souffrait. C'était complètement absurde. Je rêvais de l'attraper et de la secouer jusqu'à ce qu'elle le crache, son venin. Qu'elle me le dise qu'elle m'aimait. Qu'elle me le dise bon sang. Mais je ne pouvais pas, c'était moi le salaud. C'était de ma faute tout ça...]




[... Je me disais: "Ne brusquons rien, elle est si jeune, c'est elle qui partira la première" et, à chaque fois je la retrouvais, j'étais émerveillé mais surpris aussi. Comment? Elle est encore là? Mais pourquoi? Je voyais mal ce qu'elle trouvait d'aimable en moi, je me disais: " Pourquoi mettre la pagaille puisque c'est elle qui va me quitter?" C'était obligé", c'était fatal. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle soit encore là la fois suivante, aucune raison... À la fin, j'en venais même à espérer qu'elle n'y soit pas. Jusqu'à présent, la Vie s'était si bien chargée de tout décider à ma place, pourquoi aurait-il fallu que ça change? Pourquoi? Je l'avais prouvé quand même que je n'étais pas doué pour prendre les choses en main... Dans mon métier, si c'était un jeu et j'étais le meilleur, mais côté jardin? Je préférais subir, je préférais consoler en ma rappelant que j'étais celui qui subissait. Je préférais rêver ou regretter. C'est tellement plus simple...]




[... - Et vous gardez quel souvenir de ces années-là?
- Une vie en pointillé... Rien. Quelque chose. Puis rien à nouveau. Puis quelque chose. Puis rien encore... Du coup, c'est passé très vite... Quand j'y repense, j'ai l'impression que cette histoire n'a duré qu'une saison, un souffle. Une espèce de mirage... Il nous manquait le plus je crois... je m'en doutais, note bien, mais j'en ai eu la preuve aprés un longue journée de travail. ...]





[... Moi je suis comme un cerf-volant, si quelqu'un ne tient pas la bobine, pfffft, je m'envole... Et toi, c'est drôle, je me dis souvent que tu es assez fort pour me retenir et assez intelligent pour me laisser filer...]





[... Une grande faiblesse, une grande lassitude... Depuis plusieurs mois déja, j'étais obsédé par un arbre mort. À n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, je rêvais que j'escaladais un arbre mort et que je me laissais glisser dans son tronc creux. Et le chute était douce, douce... comme si je rebondissais sur la corolle d'un parachute. Je rebondissais, je tombais plus bas et je rebondissais encore. J'y pensais constamment. En réunion, à table, dans ma voiture, en cherchant le sommeil. J'escaladais mon arbre et je me laissais dégringoler. ...]




[... Je ne pouvais plus faire un geste... Pendant un mois, je suis resté dans mon lit, nauséeux et épuisé. Quand j'avais soif, j'attendais que quelqu'un entre et me tende un verre et quand j'avais froid, je ne trouvais pas la force de remonter ma couverture. Je ne parlais plus. J'interdisais qu'on ouvre les volets. J'étais devenu un vieillard. La bonté de Suzanne, mon impuissance, les chuchotements des enfants, tout m'épuisait. Est-ce qu'on ne pouvait pas fermer la porte une bonne fois pour toutes et me laisser seul avec mon chagrin? Est-ce que Mathilde serait venue si... Est-ce que... Oh... J'étais si fatigué. Et mes souvenirs, mes regrets et ma lacheté me terrassaient plus encore. Les yeux mi-clos et le coeur au bord des lèvres, je songeais au désastre qu'avait été ma vie. Le bonheur était là et je l'avais laissé passer pour ne pas me compliquer l'existance. C'était si simple pourtant. Il suffisait de tendre la main. Le reste se serait bien arrangé d'une façon ou d'une autre. Tout finit par s'arranger quand on est heureux, tu ne penses pas?
- Je ne sais pas. ...]

Anna Gavalda , Je l'aimais



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J'ai pas passé tout ce temps à recopier pour que toi tu viennes et tu fasse un copié-collé!!! Interdiction de prendre les textes!!

# Posté le mercredi 04 février 2009 11:23

Modifié le samedi 07 novembre 2009 15:57